Partir en Islande par la mer, ce n’est pas seulement changer de moyen de transport. C’est choisir de vivre le trajet comme une extension du voyage, pas une simple case à cocher. Pourtant, la majorité des voyageurs voient encore la traversée maritime comme un plan B, une option poussiéreuse réservée aux passionnés de bateaux ou aux routards extrêmes. Et pourtant, cette lente montée vers le Grand Nord, entre vents du Labrador et lumière polaire, peut devenir le moment le plus marquant de l’expédition.
Comparatif des options de traversée vers l’Islande
Le choix du ferry Norröna depuis le Danemark
Le seul lien régulier permettant d’embarquer sa voiture vers l’Islande part de Hirtshals, au Danemark. Le M/S Norröna, exploité par Smyril Line, assure une traversée hebdomadaire, avec une escale aux îles Féroé. C’est une ligne logistique, pas un paquebot de croisière, mais elle offre une liberté inégalée : débarquer en Islande avec son propre véhicule, c’est l’autonomie totale dès les premières heures. Pour bien préparer votre traversée vers le Grand Nord, une plateforme spécialisée peut vous accompagner – paradis-voyages.fr. En haute saison, les places sont limitées et la réservation doit se faire plusieurs mois à l’avance, surtout pour les camping-cars ou véhicules atypiques.
L’alternative des croisières d’aventure
Les croisières d’expédition, souvent plus petites et plus coûteuses, privilégient l’immersion à la simple liaison. À bord, l’accent est mis sur la nature, les conférences et les sorties en zodiac. Le confort est plus soigné, l’ambiance plus intimiste. Les tarifs pour ce type de voyage, notamment vers 2026, tournent en général autour de plusieurs milliers d’euros par personne, sans véhicule. Là encore, la réservation se fait longtemps à l’avance, mais pour des raisons différentes : ce n’est pas la place qui manque, c’est la capacité d’accueil limitée des navires eux-mêmes.
| Type de navire | Durée moyenne | Type de cabines | Possibilité de véhicule |
|---|---|---|---|
| Ferry classique (Smyril Line) | 60 à 70 heures | Standard, familiale, vue mer | Oui, avec supplément |
| Croisière d’expédition | De 7 à 14 jours | Luxueuse, avec balcon | Non |
L’expérience sensorielle de l’Atlantique Nord
L’immersion progressive dans les paysages polaires
Le départ de Hirtshals est discret, mais à mesure que le bateau longe la Norvège, puis approche des Féroé, le décor change radicalement. Les falaises vert sombre, les nuages bas, les colonies d’oiseaux marins – tout annonce un autre monde. Cette progression lente, loin des atterrissages brutaux en avion, permet une acclimatation mentale rare. On ne débarque pas en Islande comme on entre dans un décor. On y arrive par étapes, comme les anciens navigateurs. Ce décalage progressif est souvent ce que les voyageurs retiennent le plus : le passage du monde connu à l’inconnu, sans à-coup.
La vie à bord et les services disponibles
À bord du Norröna, l’ambiance est fonctionnelle mais chaleureuse. Restaurants, cafétérias, salles de jeux et jacuzzis extérieurs sont au rendez-vous. Les cabines, souvent simples mais confortables, offrent un refuge bienvenu entre deux observations de baleines ou de macareux. Ce n’est pas un palace flottant, mais un navire conçu pour tenir les tempêtes de l’Atlantique Nord. Et c’est précisément cette robustesse qui rassure. La vie à bord obéit à un rythme lent, propice à la déconnexion. Pas de réseau fiable, peu de distractions : la déconnexion maritime s’impose d’elle-même.
Organisation pratique pour un voyage réussi
Gérer son véhicule et sa logistique
Embarquer son véhicule, c’est un atout majeur, mais cela implique des contraintes. L’accès au garage est interdit pendant la traversée pour des raisons de sécurité. Il faut donc prévoir un sac à main avec tout l’essentiel : médicaments, vêtements chauds, documents. Les camping-cars doivent respecter des dimensions maximales, et leur arrimage suit un protocole strict. Prévoir un délai suffisant pour l’embarquement est indispensable, surtout en haute saison.
Le budget à anticiper pour la traversée
Les tarifs varient fortement selon la saison. La basse saison (printemps, automne) offre des prix plus doux, tandis que l’été concentre la demande. Le transport d’un véhicule ajoute un surcoût significatif, mais il faut le comparer au prix d’une location longue durée en Islande, souvent élevé. La restauration à bord représente une dépense annexe non négligeable – mieux vaut prévoir quelques provisions.
Faire escale aux îles Féroé
La halte de 12 à 24 heures aux îles Féroé n’est pas qu’un point de transit : c’est une opportunité. Pour peu qu’on s’organise, on peut explorer Tórshavn, voir les cascades de Múlafossur ou marcher dans les landes venteuses. C’est une chance rare : deux archipels en un seul voyage. Beaucoup de passagers descendent simplement se dégourdir les jambes, mais ceux qui osent l’aventure reviennent souvent avec des souvenirs inattendus.
- Vêtements thermiques et imperméables pour résister aux embruns sur le pont
- Médicaments contre le mal de mer, même si vous pensez ne pas en avoir besoin
- Documents du véhicule, assurance internationale et carte grise traduite
- Nourriture d’appoint et collations pour éviter les files aux restaurants
Arrivée à Seyðisfjörður : les premiers pas
Le débarquement dans les fjords de l’Est
Entrer à Seyðisfjörður par la mer est un moment fort. Le fjord s’ouvre lentement, entouré de montagnes drapées de neige, même en été. Le débarquement est fluide, mais les contrôles douaniers peuvent prendre du temps, surtout pour les véhicules étrangers. Prévoir des documents d’assurance internationale et une traduction de la carte grise. L’atmosphère est calme, presque recueillie – un contraste total avec l’agitation des aéroports.
Les premières routes depuis le port
Dès la sortie du bateau, deux directions s’offrent : remonter vers les fjords de l’Est ou prendre la route 1 vers l’ouest, en direction de Reykjavik. Chaque choix a son charme. La route 1 est la plus directe, mais les petites routes côtières offrent des paysages plus sauvages. Le fait d’arriver avec son propre véhicule permet une liberté totale – pas besoin de chercher une agence de location ou de s’adapter à leurs horaires.
Conditions météo et navigation hivernale
La navigation en Atlantique Nord n’est pas anodine. Même en été, les conditions peuvent être rudes. En hiver, les tempêtes sont fréquentes, et certaines traversées peuvent être reportées. Pour les voyageurs sensibles, la période de juin à septembre est généralement la plus stable. Mais même alors, il faut s’attendre à des vents forts et à des mouvements de roulis. Ce n’est pas un trajet tranquille – c’est une traversée mythique, avec tout ce que cela implique de grandeur et d’imprévu.
Les questions les plus fréquentes
C’est ma première traversée, comment gérer le mal de mer sur l’Atlantique ?
Le mal de mer est fréquent, surtout en hiver. Privilégiez une cabine au centre du navire, là où les mouvements sont les moins sensibles. Les solutions naturelles comme le gingembre ou les bracelets d’acupression aident certains voyageurs, mais les médicaments classiques restent les plus efficaces. Commencez à les prendre avant même d’embarquer.
Quel est le surcoût réel par rapport à une location de voiture sur place ?
Le transport de votre véhicule coûte plusieurs centaines d’euros, mais sur un séjour de deux semaines ou plus, cela peut être rentable par rapport à une location islandaise, où les prix sont élevés. Sans compter l’avantage de retrouver ses affaires et son confort habituel. C’est une question d’usage et de durée.
J’ai entendu dire que le garage est inaccessible, comment faire pour mes affaires ?
Oui, l’accès au garage est interdit pendant la navigation pour des raisons de sécurité. Il est donc indispensable de préparer un sac de voyage avec tout l’essentiel : vêtements, médicaments, papiers. Laissez le reste dans le véhicule, mais prévoyez un sac facile à porter pour les premières heures sur place.